⚜️ Les Chouans au Roc, à Kerguéhennec en Bignan

Une ferme intégrée aux réseaux clandestins de la Chouannerie morbihannaise : accueil, correspondance, circulation des agents et rassemblement d’officiers.

📍 Une ferme isolée et dominante

Dans son ouvrage sur la Chouannerie, Charles Le Goffic décrit le Roc de Bignan comme une ferme isolée et dominante.

Contrairement à certains relais dissimulés dans les bois, le Roc est présenté comme un lieu en position dégagée. Le texte ne précise toutefois pas les dispositifs de surveillance qui auraient pu y être employés.

L’identification exacte de la ferme historique avec les bâtiments actuels reste à vérifier à partir du cadastre ancien et des archives du domaine.

👩 La veuve Lohézic

La ferme est tenue, selon Le Goffic, par la veuve Lohézic, surnommée la « mère des Chouans ».

L’auteur mentionne à ses côtés huit serviteurs, hommes et femmes. Il ne donne ni leurs noms ni la répartition de leurs tâches.

Le prénom de cette femme, son identité familiale complète et son statut de propriétaire ou d’exploitante restent à établir.

📨 Une maison de correspondance

Le Roc figure parmi les maisons de confiance utilisées par les réseaux chouans.

Ces lieux servent d’étapes aux agents et aux courriers : ils permettent de transmettre des nouvelles, trouver un accueil et poursuivre un trajet clandestin.

Le passage établit cette fonction de relais pour le Roc, sans donner son itinéraire exact ni la liste des maisons avec lesquelles il communique.

🌐 Le Roc dans les chaînes de communication

Le texte décrit un réseau constitué de lieux très différents : métairies, hôtelleries, gentilhommières, fermes, cabarets et loges de sabotiers.

À partir des points d’accueil proches du littoral, une ou plusieurs chaînes de relais permettent de rejoindre les destinations intérieures. Les étapes sont diversifiées pour réduire la vulnérabilité du réseau.

Les lieux cités ci-dessous illustrent ce dispositif. Leur succession dans le récit ne constitue pas la description d’un itinéraire unique passant obligatoirement par le Roc.

Lieu cité Type de relais Indication donnée par le texte
Le clos Huet Lieu d’accueil proche du littoral. Situé près des grèves de Saint-Coulomb.
La métairie du bonhomme La Fluve Exploitation rurale. Située près des grèves de Granville.
L’Hôtel du Pélican Hôtellerie. Établissement de modeste apparence à Saint-Servan.
Boscénit Gentilhommière. Propriété des De Gris-Duval, dissimulée par de grands bois.
Le Roc de Bignan Ferme. Lieu isolé et dominant, tenu par la veuve Lohézic et ses huit serviteurs.

🔐 Mots de passe et signaux

L’entrée dans une maison de correspondance suppose une reconnaissance préalable.

Le texte mentionne des mots de passe régulièrement changés, des coups particuliers frappés à une vitre ou un grattement de la pierre du seuil avec la pointe d’un couteau.

Ces procédés sont décrits pour le réseau dans son ensemble. Aucun signal particulier n’est expressément attribué au Roc.

🚪 Caches et repos de jour

Les agents peuvent être dissimulés dans des caches aménagées, notamment dans une armoire à double fond ou derrière une plaque de cheminée.

Le refuge contient parfois de la paille ou un lit de camp. Le voyageur y dort pendant la journée.

Le passage ne permet pas d’identifier une cache précise dans les bâtiments du Roc, ni d’affirmer qu’un de ces aménagements y subsiste.

🌙 Déplacements nocturnes

À la nuit tombée, l’agent quitte son refuge avec un guide pour rejoindre une autre maison de confiance.

À chaque étape, les formalités de reconnaissance sont renouvelées. Le trajet repose sur une succession d’intermédiaires et de lieux sûrs.

Les dépêches peuvent être transportées dans un bâton creux, afin de dissimuler les documents.

⚙️ Comment fonctionne une chaîne de relais ?

  1. Rejoindre un premier contact : après son arrivée, l’agent est conduit vers une maison de confiance.
  2. Se faire reconnaître : un mot de passe ou un signal convenu permet de vérifier son appartenance au réseau.
  3. Se mettre à l’abri : l’agent attend ou se repose dans un espace protégé, éventuellement une cache.
  4. Repartir avec un guide : les déplacements se font de nuit vers le relais suivant.
  5. Renouveler les vérifications : chaque maison applique ses précautions d’accueil.
  6. Remettre les dépêches : à destination, l’agent transmet les documents qu’il a transportés clandestinement.

Application au Roc : son appartenance aux maisons de correspondance est rapportée par Le Goffic. Le détail d’un passage individuel par cette ferme reste à retrouver dans les archives.

🕵️ Espionnage et dénonciations

L’auteur explique ces précautions par la surveillance policière, l’espionnage et les dénonciations.

Le mot « mouches » désigne ici des espions ou des informateurs. La découverte d’un agent peut compromettre ses contacts et les maisons qui l’accueillent.

La variation des relais, les signaux de reconnaissance et les identités d’emprunt participent à la protection du réseau.

🩺 Les projets d’accueil des blessés

Le texte indique que Joseph de Puisaye prévoit des ambulances et des maisons à l’écart pour accueillir les blessés et les malades.

Dans ce contexte, une ambulance désigne un dispositif ou un établissement de soins militaires. Une maison de retraite correspond à un lieu de refuge et de repos.

Cette mention concerne les projets d’organisation du mouvement. Elle ne permet pas de présenter la ferme du Roc comme un hôpital ou une ambulance attestée.

🎭 Les noms de guerre cités dans le texte

Les identités d’emprunt concernent les chefs, les combattants et certains prêtres réfractaires. Elles peuvent protéger l’identité, rappeler un parcours ou reprendre un ancien sobriquet.

Les correspondances ci-dessous sont celles données par l’auteur. Cette liste ne signifie pas que toutes ces personnes ont séjourné au Roc.

Personne désignée Nom de guerre ou surnom
Joseph de Puisaye Comte Joseph
Louis de Frotté Blondel
Cormatin Obéissant
Duviquet Constant
Pierre-Mathurin Mercier La Vendée
Georges Cadoudal Gédéon
Pierre Guillemot Valentin
La Bourdonnais Coco
Pierre Robinault de Saint-Régent Pierrot
Armand de Chateaubriand John Fall
D’Oilliamson Gabriel
Keranflec’h Jupiter
Jean-Louis Treton Jambe-d’Argent
L’aîné des Cottereau, selon le texte Pierre-qui-Mouche
L’abbé Lhermitte Lucas l’herboriste
L’abbé Corre Fanchoun
L’abbé Laya Fricandeau
L’abbé Emery Petit-Bonhomme
L’abbé Moulin Sans-Peur

Pour les recherches historiques : un même surnom peut désigner plusieurs personnes. L’auteur donne l’exemple de « Branche-d’Or », porté par quatre Chouans, et signale des identités difficiles à retrouver derrière certains pseudonymes.

🎖️ Une réunion d’officiers au Roc

Dans ses Lettres à mes neveux sur la Chouannerie, publiées en 1859, Julien Guillemot rapporte que plus de trente officiers se réunissent au Roc, en Bignan, pour attendre le retour de Saint-Régent.

L’épisode est rattaché à la mission du général de Béhague en 1798. Saint-Régent arrive sur une civière, les jambes enveloppées, pour tourner en dérision les difficultés de déplacement de ce général.

Ce récit donne au Roc une fonction de lieu de rassemblement de cadres chouans. Il ne suffit pas à établir l’existence d’un quartier général permanent.

Référence : Julien Guillemot, Lettres à mes neveux sur la Chouannerie, 1859, pages 144–145.

📋 Ce que les textes permettent d’établir

Élément Portée de l’information Limite ou vérification nécessaire
Une ferme au Roc de Bignan Explicitement décrite par Le Goffic comme isolée et dominante. Identifier les parcelles et les bâtiments historiques.
La veuve Lohézic et huit serviteurs Personnes expressément associées au Roc dans le passage. Retrouver leur état civil, leurs liens et leurs fonctions.
Une maison de correspondance Le Roc est cité parmi les relais du réseau clandestin. Reconstituer ses liaisons et les passages documentés.
Mots de passe, signaux et caches Pratiques générales décrites pour les maisons du réseau. Aucun dispositif particulier n’est localisé au Roc dans cet extrait.
Réunion de plus de trente officiers Épisode situé au Roc par Julien Guillemot. Préciser la date, les participants et les décisions prises.
Accueil des blessés et des malades Projet attribué à Puisaye pour l’organisation générale. Aucune ambulance au Roc n’est établie par ce passage.
Noms de guerre Pratique largement répandue parmi les membres du mouvement. Un surnom ne suffit pas à identifier une personne ou à prouver sa présence au Roc.

🗺️ Le contexte de Bignan et de Kerguéhennec

Bignan appartient à un secteur important de la Chouannerie morbihannaise, associé à Pierre Guillemot, surnommé le « roi de Bignan ».

Le domaine de Kerguéhennec comprend le moulin du Roc à son extrémité sud. Cette localisation apporte un repère géographique, sans identifier à elle seule la ferme décrite par Le Goffic.

La ferme du Roc, le moulin, le château de Kerguéhennec et la maison natale de Pierre Guillemot doivent être distingués dans l’étude des événements.

🔎 Les recherches à poursuivre

  • Comparer le cadastre ancien, les états de sections et les matrices cadastrales avec les parcelles actuelles.
  • Rechercher les baux et actes notariés concernant la ferme à la fin du XVIIIe siècle.
  • Identifier la veuve Lohézic et les occupants du Roc dans les registres paroissiaux et d’état civil.
  • Rechercher, dans les archives révolutionnaires du Morbihan, les mentions du Roc, de Lohézic et des maisons de correspondance.
  • Confronter les mémoires royalistes aux rapports militaires et administratifs républicains.

📚 Sources et lecture historique

Le passage de Le Goffic mêle descriptions concrètes et images littéraires. Les expressions évoquant des « soldats fantômes » ou une « guerre de clair de lune » soulignent la mobilité et la clandestinité ; elles ne constituent pas une description technique de chaque unité.

Les renseignements propres au Roc proviennent de récits historiques rétrospectifs. Leur confrontation avec les archives permettrait de préciser les personnes, les dates et les bâtiments concernés.

⚜️ Les Chouans au Roc, à Kerguéhennec