⚖️ Girondins et Montagnards : rivalités et destins
Les principales figures des deux grands courants républicains rivaux de la Convention nationale, particulièrement opposés en 1792 et 1793, et leur sort final.
🏛️ Les Girondins
Les Girondins défendent une République représentative et contestent la pression exercée par la Commune de Paris et les sans-culottes sur la Convention.
Ils sont généralement favorables à la guerre révolutionnaire et attachés à la liberté économique. Leur influence repose notamment sur des députés et des réseaux implantés dans les départements.
Leur chute : les journées du 31 mai et du 2 juin 1793 entraînent l’arrestation ou la fuite de leurs principaux représentants. Plusieurs sont exécutés pendant la Terreur, tandis que certains survivants retrouvent leur siège après la chute de Robespierre.
⛰️ Les Montagnards
Les Montagnards doivent leur nom aux bancs élevés qu’ils occupent à la Convention. Ils s’appuient davantage sur les mouvements populaires parisiens et défendent un pouvoir révolutionnaire fort pour faire face à la guerre et aux révoltes.
Ils soutiennent des mesures d’exception et, à partir de 1793, un contrôle de certains prix et des approvisionnements.
Leurs divisions : après l’élimination des Girondins, les rivalités internes s’accentuent. Danton et ses proches sont exécutés en avril 1794, puis Robespierre et ses alliés en juillet. D’autres Montagnards survivent, sont déportés ou poursuivent leur carrière.
🏛️ Principales figures girondines et proches de la Gironde
Le tableau comprend des députés, mais aussi des personnalités influentes liées au courant girondin, comme Manon Roland et son mari.
| Personnalité | Rôle et position | Sort final | Date et lieu |
|---|---|---|---|
| Jacques-Pierre Brissot | Journaliste et député ; figure majeure de la Gironde, partisan de la guerre révolutionnaire. | Condamné par le Tribunal révolutionnaire et guillotiné. | 31 octobre 1793, Paris. |
| Pierre Vergniaud | Député de la Gironde et l’un des principaux orateurs de la Convention. | Condamné et guillotiné avec les principaux Girondins. | 31 octobre 1793, Paris. |
| Armand Gensonné | Député de la Gironde ; l’un des dirigeants du groupe. | Condamné par le Tribunal révolutionnaire et guillotiné. | 31 octobre 1793, Paris. |
| Manon Roland, dite Madame Roland | Femme de lettres et personnalité politique ; son salon est un lieu de rencontre des Girondins. Elle n’est pas députée. | Emprisonnée, condamnée et guillotinée. | 8 novembre 1793, Paris. |
| Jean-Marie Roland de La Platière | Ministre de l’Intérieur lié aux Girondins ; époux de Manon Roland. | En fuite, il se suicide après avoir appris l’exécution de sa femme. | Novembre 1793, près de Bourg-Beaudouin, dans l’Eure. |
| Nicolas de Condorcet | Mathématicien, philosophe et député ; proche des Girondins tout en conservant son indépendance. | Arrêté après plusieurs mois de clandestinité, il est retrouvé mort dans sa cellule. La cause de sa mort reste discutée. | 29 mars 1794, Bourg-la-Reine, alors appelée Bourg-l’Égalité. |
| Jean-Baptiste Louvet de Couvray | Écrivain et député girondin ; adversaire de Robespierre. | Survit à la proscription, revient à la Convention puis siège au Conseil des Cinq-Cents. Meurt en 1797. | 25 août 1797, Paris. |
| Maximin Isnard | Député du Var et président de la Convention en mai 1793 ; opposé à la prédominance politique de Paris. | Survit à la Terreur, poursuit sa carrière politique et se rallie à Bonaparte. | Meurt en 1825, à Grasse. |
⛰️ Principales figures montagnardes
La Montagne n’est pas un bloc uni : ses membres combattent les Girondins, puis s’opposent entre eux sur la conduite du gouvernement révolutionnaire et de la Terreur.
| Personnalité | Rôle et position | Sort final | Date et lieu |
|---|---|---|---|
| Maximilien Robespierre | Député et membre du Comité de salut public ; figure centrale du gouvernement révolutionnaire. | Renversé le 9 thermidor, mis hors la loi et guillotiné le lendemain. | 28 juillet 1794, Paris. |
| Louis Antoine de Saint-Just | Député et membre du Comité de salut public ; proche allié de Robespierre. | Mis hors la loi et guillotiné avec Robespierre. | 28 juillet 1794, Paris. |
| Georges Couthon | Député et membre du Comité de salut public ; allié de Robespierre et de Saint-Just. | Mis hors la loi et guillotiné avec les robespierristes. | 28 juillet 1794, Paris. |
| Jean-Paul Marat | Journaliste de L’Ami du peuple et député ; adversaire virulent des Girondins. | Assassiné dans sa baignoire par Charlotte Corday, sympathisante des Girondins. | 13 juillet 1793, Paris. |
| Georges Danton | Député et ancien ministre de la Justice ; devient une figure des « indulgents », favorables à un assouplissement de la Terreur. | Arrêté, condamné par le Tribunal révolutionnaire et guillotiné. | 5 avril 1794, Paris. |
| Camille Desmoulins | Journaliste et député ; proche de Danton, il critique la Terreur dans Le Vieux Cordelier. | Condamné et guillotiné avec Danton. | 5 avril 1794, Paris. |
| Billaud-Varenne | Membre du Comité de salut public ; partisan de la Terreur, puis acteur de la chute de Robespierre. | Déporté en Guyane en 1795. S’installe ensuite en Haïti, où il termine sa vie. | Meurt en 1819, à Port-au-Prince. |
| Jean-Marie Collot d’Herbois | Membre du Comité de salut public ; participe à la répression de Lyon et au renversement de Robespierre. | Déporté en Guyane en 1795 ; meurt de maladie en déportation. | 8 juin 1796, Cayenne. |
| Lazare Carnot | Député montagnard et membre du Comité de salut public ; chargé de l’organisation militaire. | Survit à la Révolution et exerce de nouvelles fonctions sous le Directoire et Napoléon. Proscrit sous la Restauration, il meurt en exil. | Meurt en 1823, à Magdebourg, en Prusse. |
📅 Les étapes de leur affrontement
- 1792 : les tensions s’intensifient entre Girondins et Montagnards autour de la guerre, du rôle de Paris et de la conduite de la Révolution.
- 31 mai – 2 juin 1793 : sous la pression de l’insurrection parisienne, la Convention fait arrêter les principaux députés girondins.
- 13 juillet 1793 : Marat est assassiné par Charlotte Corday.
- 31 octobre 1793 : Brissot, Vergniaud, Gensonné et plusieurs autres Girondins sont guillotinés.
- 5 avril 1794 : Danton, Desmoulins et leurs compagnons sont guillotinés ; les divisions internes de la Montagne deviennent meurtrières.
- 27 – 28 juillet 1794 : chute puis exécution de Robespierre, Saint-Just et Couthon, lors des journées des 9 et 10 thermidor an II.
- 1795 : des Girondins survivants retrouvent leur siège ; certains anciens responsables montagnards sont condamnés à la déportation.
Repère historique : les Girondins et les Montagnards sont deux courants républicains rivaux, et non deux partis au sens actuel. La Convention comprend également un important ensemble de députés appelé la Plaine ou le Marais. Les positions et les alliances évoluent au fil des événements.

